Comment détruire une chaine populaire en 4 étapes ? Le guide.

Par Théo Renault

Elle fait beaucoup parler d’elle en ce moment, tous ses abonnés menacent de se désabonner sur Facebook, et même ses présentateurs s’en vont, vous l’avez compris, c’est de CANAL+ qu’il est sujet. La chaîne, qui a fêté ses 30 ans en 2014, a subi de nombreux changements récemment. La cause ? L’arrivée de Vincent Bolloré à la tête du groupe Vivendi, maison maire du groupe CANAL+. Mais alors, vous avez toujours rêvé de savoir comment détruire une chaine ? Voilà pour vous le guide en exclusivité.

Alors que le groupe avait su garder son originalité, son côté « gaucho » qui lui valait de se faire taper sur les doigts à de nombreuses occasions, ses émissions un peu atypique comme Le Petit Journal, ou encore ses créations originales comme Bref, Bolloré a décidément pris la décision de faire un bon ménage.

Souvent critiqué d’être trop proche de certains hommes politiques, notamment celui de petite taille qui a logé durant 5 ans à l’Élysée accompagné à la guitare par Carla Bruni, Bolloré est souvent critiqué pour son entourage et ses idées, aussi bien en politique qu’en finance. Mais comme il aime le démontrer en ce moment, lorsqu’il commence quelque chose, c’est pour le finir.

La menace de surpression des guignols.

La première étape n’est pas bien compliquée. Il suffit de choisir un programme emblématique, connu de tous les français, qui fait rire et réfléchir et qui aime se moquer des politiques de tous les bords… et annoncer sa suppression. Pour le moment, tout le monde pensera à un petit coup de gueule du patron. L’important, c’est que personne ne réalise encore que ce n’est que le début…Mais supprimer pour de bon le programme serait trop facile. Finalement, il est préférable de conserver le tire et l’idée des marionnettes, mais de changer toute l’équipe de production et de passer le programme en crypté. Personne ne peut vous accuser d’avoir supprimé l’émission, mais le sentiment de frustration engendré est terrible.

Changer brusquement le présentateur du Grand Journal.

Ensuite, rien de plus simple. Une seconde émission, emblématique également de préférence, et un second petit changement, brusque, mais qui change tout. Cette fois, c’est le Grand Journal qui y passe. Le journal est très suivi, passe en clair tous les soirs, et est présenté par Antoine de Caunes depuis 2013. Faites le sauter brusquement, et remplacer le par Maïtena Biraben. Et hop ! Disparition d’un des symboles de Canal.

Faire partir Yann Barthès.

Le processus est déjà bien avancé, mais une étape importante est encore à venir. Même avec ce travail sans relâche sans relâche pour tout changer - ou tout péter - , certains persistent encore à regarder un programme : Le Petit Journal. Le grand a sauté, alors pourquoi pas le petit ? Mais pourquoi tant de téléspectateurs persistent à regarder cette émission ? Mais encore une fois, rien de plus facile pour faire sauter l’audimat : faire sauter le présentateur.

Étape bonus : ne pas suivre le Festival de Cannes.

Sincèrement, on peut comprendre ce ras-le-bol de la part de Bolloré. Vraiment, déménager le plateau du Grand Journal tous les ans pour le Festival de Cannes, c’est vraiment une mauvaise idée. Avoir des actrices et acteurs, scénaristes, réalisateurs, auteurs, chanteurs, et bien d’autres, sur le plateau, c’est triste à voir. Non, franchement, laissons le à Paris, on peut y voir le festival très bien de là-bas !

Alors, satisfait ?

Le plus gros est fait. Plus rien - ou presque - n’est comme le jour de votre arrivée, et les abonnés de la chaine n’ont surement plus de raison de le rester. Mais il reste encore un peu à faire. Des vestiges de la période post-Bolloré résistent malgré tout ! Le Foot attire encore du monde, mais bon cela ne représente plus un problème, Being a gagné le combat pour les droits de diffusion. Il n’y a donc plus qu’une tâche à effecteur, remplacer Orelsan et Gringe de la série Bloqués, et le tour est joué.

Par Théo Renault