Pourquoi les Anglais font-ils tout différemment ?

Par Théo Renault.

À l'approche du Brexit, qui sera voté le 23 juin, nos amis britanniques captent toute l’attention des médias. En fonction du résultat du référendum qui aura lieu dans quelques jours de l’autre côté de la Manche, le Royaume-Uni pourrait quitter l’Union Européenne. Choc financier et culturel, ce départ ne présage rien de bon, même si ces gens ne sont pas tout à fait comme nous. Dossier sur ce peuple étrange…

La monnaie.

Force du Royaume-Uni, la livre sterling (ou pound sterling en Anglais), est l'unité monétaire officielle du Royaume-Uni, des dépendances de la Couronne britannique, et des Territoires britanniques d’outre-mer. C’est selon Wikipédia « la plus ancienne monnaie utilisée encore en circulation, la quatrième devise la plus traitée en volumes sur le marché des changes, et la troisième en termes de réserves de change. » Rien que ça.

Malgré sa présence dans l’Union Européenne (du moins pour l’instant), l’Euro n'est pas la devise adoptée par le Royaume-Uni. Le pays a négocié lors de la mise en place de la monnaie, une option de retrait d'une partie du traité de Maastricht lui permettant de conserver la livre sterling. Le pays ne fait donc pas parti de la « zone Euro », et peut ainsi conserver le contrôle de sa monnaie.

British Money

Douane et espace Schengen.

Contrairement à 26 États européens, le Royaume-Uni ne fait pas parti de l'espace Schengen. Petit espace de 4 312 099 km2 et touchant une population de plus de 400 millions d’habitants, cet espace unique au monde est né en 1999. Il permet la libre circulation des biens et des personnes dans cet espace.

Mais comme pour la monnaie, même si le Royaume-Uni fait bien parti de l’Union Européenne, les Britanniques ne pouvaient accepter cet accord comme la grande majorité des États membres ! Seul 2 États, l’Irlande et le Royaume-Uni, négocièrent un opt-outs pour continuer les contrôles systématiques aux frontières avec les autres États membres de l’Union.

La conduite à gauche.

Contrairement à la majorité des pays européens (et des pays tout court) les Britanniques ne pouvaient encore une fois se contenter de faire comme les autres. Par conséquent, et contrairement aux deux-tiers de la population mondiale, les rosbifs conduisent à gauche.

Néanmoins, le tiers de la population mondiale vit dans des pays où les automobilistes conduisent à gauche, ce qui est tout de même respectable. Mais pas si vite ! La majorité de ces États sont d’anciennes colonies britanniques. Si on regarde en Europe, seuls le Royaume-Uni, l'Irlande, Malte, Chypre et les îles Anglo-Normandes, circulent à gauche. Leur point commun ? Ce sont toutes des îles et anciennes possessions britanniques.

Comme pour la plupart des pays, cette décision date du Moyen-âge. La loi ordonnant la conduite à gauche est passée en 1722, mais les racines de cette loi remontent au Moyen Âge durant lequel les cavaliers circulaient à gauche pour favoriser le dégainement de leur épée.

L'heure.

Ce n'est pas du décalage horaire qu'il est question, mais de la manière d'écrire et donner l'heure. Si en France, on utilise le système horaire sur 24 heures, qui est d’ailleurs le système le plus communément utilisé dans le monde actuellement, ce n’est pas le cas de l’autre côté de la Manche. C’est alors le système horaire sur 12 heures qui est en place. Cela consiste à diviser la journée en deux, et nécessite donc de préciser am (du matin) ou pm (de l’après-midi) lorsqu’on donne l’heure. L’Afternoon tea n’est donc pas entre 16 et 18 heures, mais entre 4 pm et 6 pm.

La cuisine.

Les prises.

Moins important au niveau économique, mais un calvaire pour les touristes : les prises de courant. Bon, bon doit l’admettre, les Anglais ne sont pas les seuls fautifs. La raison est historique, il n'y a jamais eu d'accord international. Il existe donc une quantité gigantesque d’apparences de prises. Malgré tout, les Britanniques sont les seuls à utiliser leur système de prise. Ils auraient donc pu encore une fois faire comme la majorité de l’Europe…

Le clavier.

Déjà que l’ordre des touches du clavier n’a rien de logique, il n’est même pas identique d’un pays à l’autre… Malheureusement nous sommes - pour une fois - en tort. C’est la disposition QWERTY, brevetée en 1878, qui a vue le jour en premier, spécifiquement étudiée pour éviter les risques de blocage des premières machines à écrire. La disposition AZERTY est donc un standard français. Mais bon, tant pis, c’est quand même nous qui avons raison.

Mais malgré toutes ces différences, nos deux peuple se supportent et grandissent ensemble depuis des centaines d’années. Le Brexit marquerait une fracture importante entre nos pays et le reste de l’Union Européenne. Plus qu’un choix économique, le vote est avant tout culturel. Alors espérons que nos camarades de toujours ne quittent pas le navire. Nous sommes plus forts ensembles !

Par Théo Renault.